RECUEILS

L'écriture postée en éclaireuse
garde le camp déserté de l'enfance
Elle recèle en son sein
une mémoire gravas
amas de souvenirs éboulés
Musique intérieure
Silence minéral
Affleure un sens perdu
Incandescente voix tue
Seule respire la lumière
- DANS LA NUIT DU SOUFFLE
"L'écriture, une maturation dans les plis d'une résonance musicale, son revers, sa secrète respiration." D'emblée, Sylvain Jules nous invite à une immersion dans sa nouvelle existence ancrée dans la poésie, ou plutôt dans la rumination joyeuse d'un passé enfoui, ferment de son écriture. Deux petits récits encadrent Dans la nuit du souffle, ce recueil de poèmes traversé par l'éclatante lumière de ses nuits, souffle inspirant, silencieux, rémanence de son enfance. Nous assistons à l'évocation contemplative des phases de la nuit, du crépuscule jusqu'à l'aurore. Un « je » encore effacé au profit du « tu » concours à convier davantage le lecteur à s'exiler loin de la bruyance des jours dénués de poésie. « Écoute s'écaler en d'infimes strates tes feuillets poétiques. Rassemblés, ils composèrent peut-être l'unique partition de ta vie…
- UNE BLANCHEUR
"Une blancheur" se présente comme un recueil poétique scandé en trois parties, mais dont l'auteur invite à le lire comme "Unique vocalise". Une première partie éponyme, suivi par "Dans l'entrelacs des saisons", puis clôturé par "Mes nuits s'ébruitent". Un rapport à la langue nourrit des écrits de poètes tels que Christian Bobin, François Cheng ou bien encore Charles Juliet. À travers la lecture d' "Une blancheur ", on retrouve les thèmes de prédilection cher à l'auteur Sylvain Jules : une ode à la nature et à ses manifestations, une réflexion poétique sur son rapport à l'écriture comme "demeure", mais également, paradoxe fertile, une évocation du poète comme oiseau migrateur. En reprenant en exergue de son ultime poème la citation de l'écrivain Karl Kraus, "L'origine est le but ", il semble nous convier à une lecture inscrite dans une enfance indélébile source de toute création, terreau de son écriture.
- Jardiner ses mémoires échouées
Ressentant que la poésie articule un déploiement du sens par une résonance du sonore, mon premier ouvrage "Jardiner ses mémoires échouées" agit comme un révélateur : par une exploration ténue de l'écriture mon ouvrage me permit de retracer une vie très intimement liée à la nature, par sa contemplation, mais aussi par son travail d'entretien dans mon « mazet » d'enfance.
L'écriture parente d'un art de la taille travaillerait la langue
comme le paysagiste viendrait ciseler un jardin.
Le récit court en duo avec le poème en prose esquisserait
un recueil hybride.
Écrire mes mosaïques et rosaces d'enfance,
mon village en Cévennes;
L'art de Kandinsky
ou de Satie résonnent
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