Extraits



Dans la nuit du souffle              


" Écouter le revers du sonore ce serait entrer en symbiose avec la face cachée du son, par l'écriture, donner sens aux infimes ramifications du musical dans la langue. Ce serait pénétrer dans la chair de l'onde rugueuse et rocailleuse des mots, se pencher sur leurs clapotis lorsqu'ils s'échappent de leur sens premier, de leur usage commun, non pas poétiser le monde, mais simplement percevoir sa poésie immanente, ici et maintenant, s'en faire l'interprète. " (p.8.)

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Citadelle empreinte scellée à tes rêves

Nuit dense incarnée au souffle du poème


Invité par ses mains bées ceintes de silence

Feu-follet, tu serais l'indistinct corps volatile


Grain de sable aggloméré à l'ouvrage nocturne

Éclaboussure invisible dans l'épaisse noirceur


Agrippées au sous-bois du langage

Lierre rocaille à la recherche de lumière

L'ossature de tes nuits versets

S'essoufflent engourdies


Et tu attends l'étoffe noir orangé

Des matins indécis


Tu patientes main serrée

Poing puissant renfermant

La force de l'espoir


Sourd en toi l'aube du poème


*

Une blancheur


Un herbier poétique bruisse d'un silence multiple

Chaque poème murmuré résonne 

Ce sont des sentiers arides craquelant dans le corps de la langue

Renaissante

Elle nous parle de ses souffles antiques d'un vert lacustre

De ses tapis de vignes et de bois de chêne élancés

Immortels

Dans le souffle de l'écriture

La poésie s'inaugure

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Dans les fibres éraillées de l'écriture

Des sédiments de voix atones

Recouvrent des feuillets invisibles

Ce sont des marges cendrées

Résonant entre elles

Échos d'âmes de papier exilés


*

Jardiner ses mémoires échouées


"Je pense à toutes mes fleurs, je célèbre Christian Bobin. En silence, ensemble ils nettoient mon âme et me font respirer à nouveau. Présence et souvenirs de lectures passionnées. Une rencontre aussi. Une si belle dédicace dans la page intérieure de Pierre, : "Pour Sylvain qui sait que les livres ont un cœur." Son écriture singulière, au stylo feutre noir, un peu épaisse, si effilée : humanité extrême emplie de bonhomie. Un sourire.

Strates

Gratitude

Soulages est mort en ce mois d'octobre 2022...Le noir demeure aussi dans la lumière du livre de Christian Bobin.

Réflexion. Le don et la langue.

Sérénité de l'écoute." 

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L'écriture est nature

difficulté insensée

de croître dans sa danse


Son observation

son contact

appelle l'épure


Son immobilité apparente

enseigne

un travail méticuleux


Une bise légère

sur les feuillets encore touffus

est une valse d'automne


Laisser place aux bourgeons neufs

secouer son arbrisseau

biner ses scories


les feuilles mortes

chutent d'elles-mêmes


nos mots 

encore denses

eux 

s'arriment


Apprendre

la déprise


Contempler


notre Nature Haïku

foisonnante

m'écrit


Une mémoire foisonnante

jardine

nos oublis


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