Seule la poésie déchiffre
Mes nuits sont des lueurs lointaines
langage en friche que seule la poésie déchiffre
Ma voix s'étanche dans le secret de ce silence
bordé des ruines d'un langage à l'agonie
Je n'entends plus geindre l'éboulis de toute litanie
Se réveille en moi une inconnue force souterraine
qui m'étreint au cœur des racines du souffle
Je convole désormais avec le sourire sève
Ma voix devient haie le long de la clôture du passé
frontière florale ouverte sur un territoire infini
J'enfreins alors tout héritage
Chante en moi
l'aube inviolée nudité aveuglante
En lisière d'une terre saturée d'ombre
ma voix s'exile au devant de l'hymne solaire
Mes nuits de pierre deviennent poussière
souches pourrissantes au dos de mon âme
Voix lumière
Ma liberté
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