J'écris dans la doublure de nuits infinies
J'écris dans la doublure de nuits infinies, larges étoffes confidentes de mon cœur silencieux où sommeillent d'inconnues amours sans visages. L'écriture refuge invente alors des arabesques comme autant de signaux inspirés par la fuite de mes jours incendiés.
Je recherche ce son de conque, enfance errance soudée à l'oreille de la mer, mère sans âge. Dans le creux de ma chambre intérieure l'écriture distille des bribes de sensations, rougeoiements furtifs, souvenirs lointains. Ce sont des grenades rose orangé. Elles demeurent. Inmortelles.
Voyageur de la nuit, sa présence me seconde lorsque je vole sur ses élytres, immenses voiles invisibles. Elles me rapatrient vers ma vie fossile, lovée dans le bloc de ma mémoire friable, travaillée, dévoilée par le burin de mes rêves... Ainsi émietté, je rejoins ma terre alluvionnaire, assis sur la première marche de mon enfance.
Par l'écriture, toute parole nue, exsangue, recouverte de cette fine peau de silence reprend vie.
Mes nuits sont des lueurs lointaines, langage en friche que seul le poétique déchiffre.
